Le 23 janvier est la journée mondiale des solitudes. A cette occasion, nous avons interviewé Louna, psychologue stagiaire au sein du Centre Gaston Berger depuis octobre 2025, et dont le sujet de master porte sur l’isolement. L’isolement peut induire une solitude qui peut être vécue positivement ou au contraire devenir difficile à supporter, voire être source de souffrance et peut perturber, parfois fortement, la vie étudiante.
Etudiante en seconde année de master en psychologie du développement à l’université de Strasbourg, Louna effectue actuellement un stage de 6 mois au sein du Centre Gaston Berger de l’INSA Strasbourg. Elle est notamment en charge des ateliers proposés chaque mois aux apprenant·e·s sur la gestion du temps, du stress ou encore sur la confiance en soi. Elle est aussi amenée à rencontrer des apprenant·e·s en entretiens individuels, et elle participe aux diverses actions menées par le CGB. En parallèle de son stage, Louna rédige un mémoire de recherche. Pour ce dernier, elle a décidé de se pencher sur la problématique de l’isolement.
Pourquoi avoir choisi de travailler sur l’isolement ?
Ce sujet est né du constat du nombre important d’apprenant·e·s concerné·e·s par ces problématiques, en particulier depuis la période du Covid-19, qui a accentué les situations de solitude.
Lorsque l’isolement est subi, il peut avoir de nombreuses conséquences négatives sur le bien-être : augmentation des émotions négatives, apparition de troubles psychosomatiques (troubles du sommeil, maux de tête, etc.) ou encore des comportements à risque tels que la consommation d’alcool ou de substances.
Pourquoi et comment les apprenant·e·s de l’INSA Strasbourg peuvent-ils·elles être concerné·e·s par cette problématique ?
La période des études correspond à une phase de transitions majeures, souvent marquée par un accroissement important de l’autonomie. Si cette étape se déroule sans difficulté pour certain·e·s, elle peut être source de fragilité pour d’autres.
Les apprenant·e·s peuvent ainsi être confronté·e·s à différents types d’isolement, qui peuvent se cumuler.
Un premier type d’isolement est l’isolement géographique. Beaucoup d’apprenant·e·s quittent leur ville d’origine ou leur domicile familial pour poursuivre leurs études. Cette période marque également la fin du lycée, et donc une rupture avec les liens sociaux construits précédemment, qui ne sont pas toujours faciles à maintenir à distance. L’adaptation à un nouvel environnement, à une nouvelle ville ou à un nouveau cadre de vie et d’études peut alors accentuer le sentiment de solitude.
À cela peut s’ajouter un isolement social, lié notamment au rythme de travail intense et aux exigences académiques. La charge de travail, le stress lié aux évaluations ou encore le manque de temps peuvent limiter les occasions de rencontres et d’échanges. Certains apprenants ont ainsi peu, voire pas, d’interactions sociales au cours de la semaine. D’autres peuvent être entourés, mais sans pour autant se sentir réellement compris, soutenus ou écoutés émotionnellement, ce qui peut renforcer leur sentiment de solitude.
Enfin, certaines caractéristiques personnelles ou contextuelles peuvent accentuer ces difficultés, comme la timidité, les difficultés relationnelles ou encore le sentiment de ne pas trouver sa place.
L’ensemble de ces éléments illustre ainsi la vulnérabilité particulière des apprenant·e·s face aux situations d’isolement.
Que comptes-tu mettre en place au sein de l’INSA Strasbourg par rapport à l’isolement ?
Dans le cadre de mon stage, j’ai tout d’abord mis en place une enquête flash afin de mieux comprendre les enjeux spécifiques rencontrés par les apprenant·e·s de l’INSA Strasbourg et d’identifier les types d’accompagnements qui pourraient leur être les plus bénéfiques.
L’objectif est ensuite de pouvoir proposer des accompagnements adaptés, qu’ils soient individuels et/ou en groupe, afin de répondre au mieux aux besoins identifiés.
Existe-il déjà, à l’INSA Strasbourg, des actions qui pourraient aider les apprenant·e·s touché·e·s ?
Actuellement, les apprenant·e·s de l’INSA Strasbourg peuvent s’inscrire aux ateliers proposés par le Centre Gaston Berger, en fonction des thématiques qui les intéressent, comme la confiance et l’estime de soi. Il est également possible de demander un entretien individuel, soit avec Ana Paula Vidal, la psychologue conseil de l’école (bien-etre.etudiant@insa-strasbourg.fr), soit avec moi (louna.scheer@insa-strasbourg.fr).
Nous comptons sur les retours de l’enquête flash pour proposer des ressources encore plus adaptées aux besoins.
Ce stage est financé grâce à la contribution vie étudiante et de campus.

